Le col de Col de Saint-Ignace, appelé San-Iñazio en basque, culmine à 169 mètres d’altitude et relie les villages d’Ascainet de Sare par l’ancienne « route de la plâtrière ». Aujourd’hui encore, ce passage constitue l’un des accès emblématiques vers la La Rhune et conserve les traces d’un riche passé historique et économique.
Le col de Saint-Ignace - San-Iñazio lepoa au début du XXe siècle et en 2023
La route actuelle, plus directe que les anciens chemins empruntés autrefois, fut aménagée en 1863 grâce à un financement partiel de Napoléon III, preuve de l’importance stratégique du secteur à cette époque. Avant de prendre son nom actuel, le col était connu sous les appellations d’Helbarren ou d’Elbarrun dans les textes anciens. Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle que le nom de Saint-Ignace s’imposa définitivement, après la reconstruction en 1887 d’un oratoire dédié au saint. Situé au bord de la route, cet édifice servait autrefois d’abri aux bergers et aux douaniers qui traversaient régulièrement le col.
L'oratoire de Saint-Ignace
Au début du XXe siècle, le col de Saint-Ignace connut une véritable transformation avec l’apparition du projet de voie ferrée reliant le col au sommet de la Rhune. Dans ce contexte, un petit restaurant baptisé Cofoyna — « la ruche » en basque — ouvrit ses portes en 1909. À cette époque, le site restait encore isolé et seulement animé par le passage des bouviers transportant laine, anthracite, charbon de bois, plâtre ou encore dalles extraites de la Rhune entre Sare et Saint-Jean-de-Luz. Le restaurant devint rapidement une halte incontournable pour ces travailleurs, offrant repos et ravitaillement au cœur des échanges commerciaux du Pays basque.
Le lancement des travaux du Train de la Rhune en 1913 marqua un tournant décisif dans l’histoire du col. Peu à peu, Saint-Ignace se transforma en une destination touristique majeure. Un véritable complexe hôtelier vit alors le jour pour accueillir les voyageurs attirés par les paysages spectaculaires de la Rhune. En 1918 fut construit l’hôtel basque Hastoy, futur hôtel Euskualduna. Dans les années 1920, l’offre touristique continua de se développer avec l’apparition de nouveaux établissements comme l’hôtel Nicolas ou encore l’hôtel Pullman, réputé pour son dancing, symbole de modernité à l’époque. Le restaurant des Trois Fontaines compléta cet essor touristique en proposant une étape gastronomique prisée des visiteurs.
La création de la gare desservant à la fois le train de la Rhune et le tramway reliant Ciboure à Sare transforma définitivement le col de Saint-Ignace en un important carrefour régional. La première gare, construite en bois, fut rapidement remplacée par un bâtiment plus solide afin de répondre à l’augmentation constante de la fréquentation. Grâce à ces infrastructures, le col autrefois isolé devint l’un des hauts lieux touristiques du Pays basque, mêlant histoire, patrimoine, nature et traditions locales.
Le col de Saint-Ignace dans les années 1920
Bibliographie
- Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
- Ouvrages historiques sur le Pays basque et la Rhune
- Documents anciens relatifs au Train de la Rhune
- Témoignages et archives locales d’Ascain et de Sare
- Publications patrimoniales sur les voies commerciales basques du XIXe siècle
- Études historiques sur le développement touristique de la La Rhune
- Archives du Train de la Rhune et de l’ancien tramway Ciboure–Sare
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